J'ai retenu cette fois trois titres très différents les uns des autres, qui ont chacun un sens particulier à mes 
yeux.

Ce ne sera peut-être pas évident pour les jarriens convaincus, mais 
"Jour de fête" trahit ma profonde 
admiration pour le dernier album en date à l'époque de Jean Michel Jarre, 
Chronologie, paru quelques 
semaines auparavant. Ecoutez bien : le son d'orgue et le tempo rapide renvoient à "Chronologie II", tandis 
que la rythmique un peu rap et la structure du morceau font écho à "Chronologie VIII"... 
Du moins, c'est ainsi que je le voyais à ce moment-là ! 

"Quelque chose de mieux" est une des premières manifestations d'une propension qui va perdurer dans la 
plupart de mes albums suivants : créer des thèmes bien marqués et plutôt "collants", à la manière d'un 
compositeur de musique de film. Je n'affiche pas en vain 
Vangelis et John Williams parmi mes maîtres 
spirituels...

"Ante", enfin, est un morceau à la mélodie volontairement très simple, composé en 1992 après avoir lu un 
article sidérant sur les crimes perpétrés en ex-Yougoslavie, où la guerre fait alors rage. Parmi les 
témoignages d'un groupe d'enfants rescapés et réfugiés en France, je retiens celui d'un garçon de onze ans,
Ante. La photo du gosse accompagne l'article. Accroupi avec ses amis autour d'un dessin étalé par terre, il 
est le seul à fixer l'objectif du photographe - grands yeux noirs et visage innocent marqué par la mélancolie 
de souffrances indescriptibles. Je n'ai jamais oublié l'expression du visage d'Ante. Ce morceau à part, qui 
m'accompagne depuis mes débuts, la raconte encore et encore.
Parce que mon savoir-faire technique est aujourd'hui sans commune mesure avec ce qu'il était à mes débuts,
j'écoute peu mes premiers albums, dont j'ai tendance à n'entendre que les défauts et les maladresses. De 
cette posture sévère, 
L'Aigle de la nuit et autres histoires est sans doute celui qui pâtit le plus. 

Après 
E.T., composé dans l'urgence et à l'instinct, j'ai eu du mal à trouver un sujet susceptible de mobiliser 
mes envies irrépressibles de création musicale. J'ai commis l'erreur de rechercher une base de travail aussi 
puissante, intimement et émotionnellement, que le film de Spielberg, poursuivant l'objectif vain de 
ressusciter des sensations propres à la première fois - refrain connu qui s'applique à bien des champs 
d'expérimentation de l'âme humaine...
Et j'ai opté pour une "fausse bonne idée".

En juin 1993, je participe à un concours de nouvelles organisé par mon lycée, sur le thème de la lueur. Je 
gribouille depuis un an et, bien que j'hésite franchement, mes proches m'encouragent à me lancer. J'écris 
donc "L'Aigle de la nuit" : l'histoire (assez désespérée, quand on y regarde de près) d'un petit garçon, 
Thibault, en rupture totale avec le monde des hommes, qui saisit l'occasion de troquer sa triste vie contre 
celle d'une créature fantastique réfugiée au fond de l'océan. C'est totalement iréel, très triste mais avec un 
peu d'espoir quand même. Je peux l'avouer aujourd'hui : même si je l'ai travaillé avec sincérité, le cocktail 
était dosé pour plaire aux organisateurs du concours - j'étais dans ce lycée depuis cinq ans et j'en 
connaissais bien les mentalités... 
Toujours est-il que j'ai gagné le concours !

Il faut croire que j'ai été un peu grisé par ce succès inattendu, puisque je décide dans la foulée d'adapter 
mon petit conte victorieux en album - je le redis, pas la meilleure idée de ma discographie. Avec le recul, 
lorsque je me souviens de la difficulté avec laquelle j'ai composé ce disque, je peux dire que mon inspiration 
était moins sincère qu'opportuniste. D'où ma gêne à l'encontre de 
L'Aigle de la Nuit..., qui contient pourtant 
quelques bons moments, me semble-t-il, et marque une vraie progression technique à la suite de 
E.T.

Je compose une partie des titres pendant l'été, dans un petit village des Alpes où je passe mes vacances en 
famille, et où j'ai traîné mon Yamaha (je n'imaginais pas de l'abandonner pendant presque un mois !) 
"Thibault", "Quelque chose de mieux", "Une étrange apparition" et "Sous la mer" sont entièrement écrits 
là-bas. Les autres morceaux seront simultanément composés et enregistrés à Paris, au mois de novembre. 

La partie "Aigle de la Nuit" me semblant un peu courte, j'y ajoute les fameuses "autres histoires", qui ne 
sont pas loin d'être à elles trois les meilleurs moments de l'album. Cette greffe confirme l'inégalité du projet 
et son côté bric-à-brac, mais c'était, je crois, une étape indispensable de mon parcours. En tout cas, c'est 
clairement ce que suggère la suite, beaucoup plus aboutie...
Composé, interprété, réalisé et produit par Tim Elliott
sauf * : thème de "Hymn" (
Vangelis) / arrangements : Tim Elliott

Clavier : 
Yamaha PSS-795

Enregistrement : novembre 1993
Durée : 45'12

D'après une nouvelle fantastique de Didier Covy
SUR L'ALBUM
par Tim Elliott
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L'Aigle de la Nuit...

Audierne*
2.51
Thibault
3.25
Jour de fête
3.45
La fuite
3.13
Quelque chose de mieux
3.15
Une étrange apparition
4.19
Sous la mer
3.41
L'Aigle de la Nuit
4.52

...et autres histoires

Ante
3.18
Ballade d'un rêveur
6.29
Elliott
5.39
L'Aigle de la Nuit et autres histoires
Tim Elliott, 1993
Timian Prod.