Quelques commentaires sur les titres que j'ai retenus : 

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Les lettres de nulle part" : regroupe deux titres anciennement séparés - la transition se sent nettement. 
Je l'ai choisi pour son style enlevé, assez différent de ce que j'ai pu faire précédemment.

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Voldemort" : le thème du "méchant", évidemment très sombre. Pour l'anecdote, ce morceau m'a été 
inspiré par une chanson... d'Alain Souchon ("Chanter c'est lancer des balles", sur l'album 
C'est déjà ça.)

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Voie 9 3/4" : le thème est une reprise d'un morceau de Philip Glass et Ravi Shankar, tiré de leur disque 
commun 
Passages. J'ai écouté cet album pour la première fois en lisant le final extraordinaire de Harry Potter 
et la Coupe de Feu
, à tel point que cette musique est devenue pour moi la "bande originale" du livre ! Faire 
cette citation dans mon album était totalement évident. 

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Drago Malefoy" : un thème lancinant et horripilant, hommage à la voix traînante et au caractère détestable
de l'ennemi juré de Harry parmi les collégiens.

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Bienvenue à Poudlard" : encore un titre né d'une fusion de deux morceaux différents, mais cette fois ça 
passe mieux. La première partie est construite autour du thème principal de l'album.

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Duel à minuit" : l'un des premiers morceaux composés, d'où son côté un peu décalé. Je l'aime bien, celui-là.

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Le Miroir du Riséd" : un morceau court mais dont je suis très fier, parce qu'il est composé en 5/8 et que ce 
genre de plaisanterie technique n'est pas dans mes habitudes, faute d'y mettre du sens et de l'émotion. Ici, 
c'est réussi.

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Rogue et Quirrell" : pour le thème de Rogue, ce grondement de basse tournante avec des inserts de 
percussions ; ici associé à un thème mélodique, le paradoxe sonne bien.

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Touffu" : un titre en deux temps, le premier mélodique, le deuxième frénétique. Assez rigolo.

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Le Filet du Diable" : un morceau bizarre, avec des sons de batterie trafiqués pour sonner électronique, 
une séquence de clavecin et une construction répétitive. 

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Ron joue aux échecs" : dans lequel on retrouve le thème de Ron, pour illustrer la plus belle scène du 
roman - une partie d'échecs grandeur nature, avec des pièces ensorcelées... Un morceau très puissant et 
très bruyant, assez spectaculaire.

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Gryffondor vainqueur" : une longue intro avec deux pianos électriques qui se répondent, suivie d'une 
mélodie triomphale de cuivres plaquée sur des accords blues. Encore une fois, le genre de choses que je 
n'avais jamais fait auparavant.
Inutile de présenter Harry Potter, le phénomène littéraire des dix dernières années. Comme beaucoup de 
moldus, je suis tombé sous les charmes des aventures du plus célèbre petit sorcier du monde, à ceci près 
que j'ai eu la chance d'en entendre parler et de le découvrir un peu avant que la série romanesque de 
J.K.Rowling ne se transforme en raz-de-marée universel et en films. C'était, en fait, quelques mois avant la 
parution du quatrième tome - précision qui a son importance, puisque je lirai le volume en question durant la 
composition de l'album, ce qui en influencera quelque peu certains passages. 

Mais n'anticipons pas. J'en étais à la découverte des trois premiers romans de Rowling. Curieux mais réticent,
embarrassé par des préjugés idiots - après tout, il ne s'agissait que de 
sympathiques petits romans pour la 
jeunesse
 -, j'ai attaqué le premier tome sans en attendre grand-chose de plus qu'un agréable 
divertissement. 
Erreur. Même si, avec le recul, on peut dire que 
Harry Potter à l'école des sorciers est le plus "gentil", le 
plus abordable des sept romans de la série, c'est déjà beaucoup plus qu'une simple histoire pour gamins. 
Plus exactement, c'est une histoire qui prend les enfants pour ce qu'ils sont : des êtres doués d'intelligence 
et de compréhension, à un point qui pourrait rendre jaloux pas mal d'adultes bornés. Douée d'une sorte de 
sixième sens "magique", J.K.Rowling a compris comment passionner les gosses, sans jamais ignorer leurs 
sentiments, en puisant avec une rare empathie dans leur vécu, épousant avec grâce leur regard sur le 
monde - et égratignant souvent au passage ce que nous, les grands, sommes en train d'en faire.

Formidable conte de tolérance, d'amitié, de volonté de comprendre l'autre, 
Harry Potter est aussi une 
dénonciation sans complaisance des lâchetés et des compromissions, morales, politiques, dont chaque être 
humain est capable. Cycle romanesque sur la destinée et la manière dont on s'y confronte, l'oeuvre de 
Rowling explose au fil des sept volumes toutes les frontières de tous les genres. 

Enthousiasmé par la qualité des trois premiers tomes - les seuls disponibles à l'époque -, j'envisage aussitôt 
d'en composer une adaptation musicale. Bien que le plus court des sept, 
Harry Potter à l'école des sorciers
fourmille tellement de détails incontournables que je m'en sors avec un plan de trente titres - passant 
pourtant sous silence certains épisodes, tels que ceux concernant le dragon Norbert. Nous voila revenus 
dans un format démentiel qui rappelle 
Jurassic Park... Mais cela ne m'inquiète pas outre mesure : puisque je 
l'ai fait une première fois, pourquoi pas une deuxième ?

Nouvelle erreur, de jugement cette fois. Sept ans se sont écoulés, durant lesquels j'ai perdu, album par 
album, expérience après expérience, une bonne part de l'innocence musicale (et humaine ?) avec laquelle 
j'avais abordé
 Jurassic Park. Certes, je compose les fameux trente titres, enregistre sans trop de problème 
l'ensemble, en l'espace de dix mois. Mais cette version initiale, longue de 78 minutes et achevée en juin 
2001, ne me satisfait pas. 

L'ensemble manque de rythme, de cohésion. Comme dans
 Jurassic Park, et parce que les péripéties du livre 
le permettaient, j'ai voulu mélanger les genres, passer d'expérimentations sonores et électroniques 
("
Rogue") à des titres burlesques ("Incident au zoo") ou connotés musicalement (les enchaînements blues 
de "
Gryffondor vainqueur"), sans oublier des thèmes marquants sous influence johnwilliamsienne 
(compositeur, qui plus est, de la BO des trois premiers films tirés de l'oeuvre de J.K.Rowling). 
Sauf que, cette fois, cela ne fonctionne pas. C'est trop long, trop lourd. 

Un an et demi plus tard, alors que j'ai déjà commencé à travailler sur l'album suivant - 
Visions du Premier 
Monde
, un drôle de voyage expérimental -  en utilisant les capacités sans fin de l'ordinateur et une nouvelle 
gamme de sons fournis par l'expandeur Korg X5DR que m'a prêté Fabien Labonde, je reviens sur 
Harry 
Potter à l'école des sorciers
. Je commence par concevoir un nouveau plan sur le papier, regroupant des 
titres, en supprimant d'autres médiocres ou ne cadrant plus avec le nouveau projet ; puis je réenregistre 
tout en suivant ce plan, pour atteindre un résultat beaucoup plus équilibré et une durée "raisonnable" de 70
minutes. Quelques arrangements essentiels des morceaux originaux, quelques ajouts avec le Korg et un 
nouveau titre ("
Voldemort, ombre et vapeur"), et je me déclare raisonnablement content.

Harry Potter à l'école des sorciers est un album sympathique, distrayant et assez riche du point de vue 
musical. Je suis assez content de plusieurs titres par lesquels je me renouvelle, très fier de l'un en particulier 
("
Le Miroir du Riséd", dans lequel j'allie pour la première fois audace technique - le titre est écrit en 5/8 - et 
émotion.) Mais - car il y a toujours un "mais" - il conserve une certaine légèreté, peut-être un manque de 
profondeur qui, sans aucun doute, détonne au milieu des autres projets récents.

Je garde bien sûr en tête le projet de poursuivre l'adaptation musicale de la série entière, surtout à présent 
que J.K.Rowling a livré les sept tomes et tous ses secrets. Mais il n'y a pas d'obligation absolue non plus, 
surtout que cela représenterait un travail titanesque, notamment en matière d'adaptation, de choix des 
épisodes à illustrer... Disons que cette perspective me séduit. A suivre, donc ! 
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Composé, interprété, réalisé et produit par Tim Elliott
sauf * : thème inspiré de "Channels and Winds" in Passages, de Philip Glass et Ravi Shankar
et ** : reprise de Four Hand Concerto partie 10, de Tim Elliott & Fabien Labonde

Claviers : 
Yamaha PSR-510, Korg X5DR

Enregistrement original : juin 2001
Enregistrements additionnels, arrangements et remixage : décembre 2002-janvier 2003
Durée totale : 70'56

D'après le roman de 
J.K. Rowling et le film de Chris Columbus (2001), avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, 
Emma Watson, Richard Harris, Maggie Smith, Alan Rickman, Robbie Coltrane... - Scénario : 
Steve Kloves - 
Musique : 
John Williams
SUR L'ALBUM
par Tim Elliott
FICHE TECHNIQUE
CHOIX DES TITRES A 
L'ECOUTE
Les titres en vert sont disponibles à l'écoute.


Le survivant (thème)
2.29
Incident au zoo
2.47
Les lettres de nulle part
3.51
Hagrid
2.59
Voldemort
1.36
Le Chemin de Traverse
3.17
Voie 9 3/4*
2.28
Ron
2.55
Drago Malefoy
2.28
Bienvenue à Poudlard
6.50
Rogue
2.02
Duel à minuit
3.54


Le Miroir du Riséd
1.15
Quidditch**
3.26
Rogue et Quirrell
2.27
La Forêt Interdite
2.59
Touffu
2.11
Le Filet du Diable
2.01
Les clés volantes
2.37
Ron joue aux échecs
2.28
Hermione et les potions
3.02
Voldemort, ombre et vapeur
3.44
Gryffondor vainqueur
3.18
Retour à Londres
3.02
Retour à l'accueil
Harry Potter à l'école des sorciers
Tim Elliott, 2001-2003
Timian Prod.